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Jacques Pillois
Bucoliques Sonatine
À Louis Fleury
Dans son article La Flûte dans la Musique de Chambre du
dictionnaire Cobbett, au paragraphe "Les Sonates pour Flûte et
Piano", le flûtiste Louis Fleury cite quelques sonates dont celle
de Jacques Pillois "faisant partie des œuvres quelque peu
oubliées". Cette sonate composée en 1919 sera finalement éditée en
1920 sous le titre Bucoliques Sonatine. Un journal anglais de
l’époque datant du 18 septembre 1924 annonce une lecture de cette
oeuvre "for students only" ("réservée aux étudiants") par Louis
Fleury et Jacques Pillois. Elle précède les deux autres sonatines
beaucoup plus célèbres dédiées à Louis Fleury, celle de Darius
Milhaud (1921) ainsi que celle titrée Jeux de Jacques Ibert
(1925). Jacques Pillois est également un compositeur oublié
certainement à cause de son expatriement aux Etats Unis, bien
qu'il fût professeur au Conservatoire Américain de Fontainebleau.
Il est également mentionné par André Caplet dans une de ses
lettres à L.F. du 27 avril 1921. Parmi ses œuvres de musique de
chambre avec flûte, à ce jour, seules les Cinq Haikai pour
quintette instrumental ont fait l’objet d’enregistrements.
Désormais par cet enregistrement, Bucoliques sort de l’oubli
accompagnée d’une nouvelle édition chez Lemoine.
Léon Moreau
Dans la Forêt enchantée
À Monsieur Hennebains
En 1925 dans le Monde Musical paraissent les articles de Louis
Fleury "Souvenirs d’un flûtiste" dans lesquels il relate ce qu’il
a vécu lorsqu’il était élève au Conservatoire de 1895 à 1900. Dans
l’article intitulé "Dans les Hautes Sphères" il fait le portrait
du directeur et compositeur Théodore Dubois en évoquant à la fois
sa personnalité et ses actions : "Une autre petite réforme, fort
intelligente et qui porta ses fruits, fut le rajeunissement du
répertoire des instruments à vent. Le morceau de concours annuel
fut désormais commandé à un compositeur ; [...] Dès la première
année, les flûtistes eurent le grand honneur d’interpréter une
Fantaisie de Gabriel Fauré, en forme d’Andante et Scherzo. Du
premier coup notre répertoire, assez pauvre en musique moderne,
était doté d’un charmant morceau. L’année suivante, Alphonse
Duvernoy nous apporta un Concertino fort gracieux, Louis Ganne
vint ensuite puis suivirent Enesco, Gaubert, Taffanel et Büsser.
Plus tard, G. Hüe , A. Casella L. Aubert, M. Delmas, nous firent
prévoir une suite ininterrompue d’andante et de scherzo où chaque
compositeur aura su garder en même temps sa personnalitété et le
culte de la tradition. Mme Chaminade, Alexandre Georges, Mouquet,
Léon Moreau, et Perilhou s’affranchirent un peu de cette tyrannie
à laquelle n’échappèrent pas toujours les auteurs de morceaux pour
autres instruments à vent, et qui firent chanter les cornets à
pistons et badiner les trombones. Je ne sais si Théodore Dubois
avait pensé à cela en édictant cette petite réforme, néanmoins
fort intéressante. Ce qu’il convient surtout d’en retenir c’est
qu’il existe désormais un répertoire important d’oeuvres de
valeur. "
Dans cette liste de "Morceaux de conservatoire" commandés aux
compositeurs de l’époque certains sont devenus des "tubes" du
répertoire des flûtistes, mais d’autres sont tombés dans l’oubli
comme celui de Léon Moreau, compositeur lui-même totalement
méconnu. Pourtant sa pièce avait certainement suscité un vif
intérêt en 1912, puisque elle est citée dans le programme de
concert du jeudi 2 décembre 1920 à la salle Pleyel. Dans le numéro
du 15 juillet-1er août 1924 du Courrier musical à la rubrique
"travaux d’été des compositeurs" on peut également lire : "Dans sa
villa de Villiers-sur-Marne et très au calme, M. Léon Moreau a
orchestré Dans la Forêt Enchantée, morceau de flûte écrit pour le
concours de 1912 au Conservatoire." Malheureusement, cette
orchestration ne nous est pas parvenue.
Albert Doyen
Poèmes grecs (1905)
À mon ami Paul Krauss
Louis Fleury, collaborateur du Courrier Musical depuis 1921, à
la rubrique "Ce que doivent interpréter les flûtistes", cite les
Cinq Poèmes grecs d’Albert Doyen dans le numéro du 15 Juin 1923.
Dans la même liste, figurent également la Sonate (1ère) de
Philippe Gaubert et la Pavane pour une Infante défunte de Ravel
(tr : L F.). Concernant Albert Doyen, peu de témoignages
subsistent. Son ami compositeur Paul Le Flem fait son hommage
funèbre dans le Journal Comoedia du 24 octobre 1935 et nous livre
les explications de sa quasi-absence dans l’histoire de la
musique.
"Albert Doyen était compositeur, animateur des Fêtes du Peuple
qui, en dix-huit ans, ont donné sous sa direction, près de deux
cents concerts, la plupart au Trocadéro. Il eut l’idée de fonder
pour le peuple une grande chorale mixte et un orchestre
symphonique recrutés parmi les travailleurs. [...] "Je n’ai plus
qu’une joie, poursuivre cette oeuvre où je sens que toutes les
âmes communient dans un monde purifié"[...] Émouvante parole d’un
artiste qui ne vivait que par le désintéressement. Car, toute sa
vie, Doyen ne poursuivit aucun but lucratif. Pauvre, il vécut
pauvre, pauvre, il est mort. Il avait l’ardeur de l’apôtre. Il
avait abdiqué toute ambition. Il se tenait loin des intrigues.
Compositeur, il ne chercha pas à proposer ses oeuvres aux
Associations symphoniques. Car, Doyen est aussi l’auteur de
partitions pleines de noblesse et d’élévation. [...] Doyen avait
travaillé la composition au Conservatoire avec Widor. Il devait,
par la suite, s’attacher surtout à Alfred Bruneau et à Gustave
Charpentier. Un commun amour du peuple le rapprochait de ces
derniers. Comme eux, il voulait que les joies de l’art fussent
réservées aux humbles tout autant qu’au plus aristocrate des
dilettanti. "
Pierre de Bréville
Une Flûte dans les vergers
Pour Louis Fleury
Cette pièce est également très peu connue et fait partie des
rares oeuvres de musique de chambre de Bréville qui enseigna cette
discipline au Conservatoire pendant la 1ère guerre. Composée en
1919, elle possède la rare particularité de débuter par un long
solo de flûte de trois minutes avant l’entrée du piano.
On ne peut s’empêcher de penser à l’évocation des trois minutes de
Debussy (La Flûte de Pan ou Syrinx) que jouait très souvent Fleury
en exclusivité lors de ses récitals. Le titre est extrait d’un
vers du poème de Victor Hugo Viens une flûte invisible qui a
également inspiré Saint- Saëns, Godard et Caplet.
Émile Trépard
Évocations sylvestres
À Gaston Blanquart
La dernière oeuvre de ce programme reste dans le thème
évoquant la nature. Émile Trépard est sûrement le compositeur le
plus méconnu de tous. Cette oeuvre bien qu’éditée en 1926 (année
de la mort de Louis Fleury) a été créée en 1923 par son
dédicataire Gaston Blanquart, son ami et collègue qui remplaça
Fleury au pied levé à la création de l’intégrale des Chansons
Madécasses de Ravel en Juin 1926, Fleury décédant très peu de
jours avant. Se situant tout à fait dans l’esthétique musicale des
années 20, on note tout particulièrement dans le mouvement
intitulé Chants l’évocation ornithologique très présente et
annonciatrice du futur Merle Noir de Messiaen.

In his article La Flûte dans
la Musique de Chambre from the Cobbett dictionary, the flutist
Louis Fleury cites some sonatas including that of Jacques
Pillois "being part of the somewhat forgotten works". This
sonata composed in 1920 will finally be published in 1921 under
the title Bucoliques Sonatine. An English newspaper of the time
dating from September 18, 1924, announces a reading of this work
"for students only" by Mrs. Fleury Montchablon, Louis Fleury and
Jacques Pillois. It precedes the other two much more famous
sonatinas dedicated to Louis Fleury, that of Darius Milhaud
(1921) as well as the one titled Jeux by Jacques Ibert (1925).
Jacques Pillois is also a forgotten composer certainly because
of his expatriation to the United States, although he was a
professor at the American Conservatory of Fontainebleau. Among
his chamber works with flute, to this day, only the Cinq Haikai
for instrumental quintet have been recorded. Now with this
recording, Bucoliques comes out of oblivion accompanied by a new
edition at Lemoine.
Léon Moreau
Dans la Forêt enchantée
In 1925 in the Monde Musical appeared the articles by Louis
Fleury "Souvenirs d'un flûtiste" in which he evokes what he
experienced when he was a student at the Conservatoire from 1895
to 1900. He paints a portrait of the director and composer
Théodore Dubois by evoking both his personality and his actions
: "Another small reform, very intelligent and which bore its
fruits, was the rejuvenation of the wind instrument repertoire.
The piece for the annual competition was now commissioned from a
composer ; (...) From the first year onward, flutists had the
great honour of interpreting a Fantaisie by Gabriel Fauré. At
first our repertoire, quite poor in modern music, was endowed
with a charming piece. The following year, Alphonse Duvernoy
brought us a very graceful Concertino, Louis Ganne came then
followed by Enesco, Gaubert, Taffanel and Büsser.
Later, G. Hüe , A. Casella L. Aubert, M. Delmas, made us plan an
uninterrupted suite of Andante and scherzo where each composer
will have kept at the same time his personality and the cult of
tradition. Miss Chaminade, Alexandre Georges, Mouquet, Léon
Moreau, and Perilhou managed to overcome a bit of this tyranny
from which the authors of pieces for other wind instruments did
not always escape, and who made the cornets with pistons sing
and the trombones play. I don’t know if Theodore Dubois had
thought about this when he enacted this small reform,
nevertheless very interesting. What should especially be
remembered is that there now exists a large repertoire of
valuable works.
In this list of 'Conservatory Pieces' commissioned from
composers of the time some have become "hits" of the repertoire
of flutists, but others have fallen into oblivion like that of
Léon Moreau, a composer himself completely unknown. Yet his
piece had certainly aroused a strong interest in l912, since it
is mentioned in the concert program of Thursday, December 2,
1920 at the Salle Pleyel. In the issue of July 15-August 1, 1924
of the Courrier musical under the heading 'summer work by
composers' one can also read : "In his villa in
Villiers-sur-Marne and very quiet, M. Léon Moreau orchestrated
Dans la Forêt Enchantée, piece of flute written for the 1912
competition at the Conservatoire." Unfortunately, this
orchestration has not reached us.
Albert Doyen
Poèmes grecs (1905)
In the issue of the Courrier Musical of June 15, 1923, Louis
Fleury cites Albert Doyen’s 5 Greek Poems under the heading
"What should the ... Flutists". In this list also appears the
Sonata (1st) by Philippe Gaubert and the Pavane pour une Infante
Défunte by Ravel . Regarding Albert Doyen, few testimonies
remain. His composer friend Paul Le Flem makes his funeral
tribute in the Journal Comoedia of 24 October 1935 and gives us
the explanations for his near-absence in the history of music.
"Albert Doyen was a composer, animator of the 'Fêtes du Peuple'
which, in eighteen years, gave under his direction, nearly two
hundred concerts. He had the idea to found for the people a
large mixed choir and a symphony orchestra recruited from among
the workers. [...] "I have only one joy left, to continue this
work where I feel that all souls are communicating in a purified
world" Moving words of an artist who lived only by
disinterestedness. For, all his life, Doyen pursued no lucrative
purpose. Poor, he lived poor, poor, he died. He had the ardor of
the apostle. He had abdicated all ambition and stood far from
intrigues.
He had worked on composition at the Conservatory with Widor and
subsequently focused mainly on Alfred Bruneau and Gustave
Charpentier. A common love of the people brought him closer to
them. Like them, he wanted the joys of art to be reserved for
the humble just as much as for the most aristocratic
dilettanti."
Pierre de Bréville
Une Flûte dans les vergers
This piece is the other work of this recording dedicated to
Louis Fleury. She is also very little known and is one of the
few works of chamber music by Bréville who taught this
discipline at the Conservatoire during the 1st war. Composed in
1919, it has the rare peculiarity of beginning with a long flute
solo of three minutes before the entrance of the piano. One
cannot help thinking about the evocation of the three minutes of
Debussy (La Flûte de Pan or Syrinx) that Fleury very often
played exclusively in his recitals. The title is extracted from
a verse of Victor Hugo’s poem Viens une flûte invisible which
also inspired Saint-Saëns, Godard and Caplet.
Emile Trépard
Évocations sylvestres
The last work in this program remains within the theme evoking
nature. Emile Trépard is surely the most unknown composer of
all. This work, although published in 1926 (year of the death of
Louis Fleury), was created in 1923 by its dedicatee Gaston
Blanquart, his friend and colleague who replaced Louis Fleury at
the creation of the complete Chansons Madécasses by Ravel in
June 1926, Fleury dying very few days before. Situated entirely
within the musical aesthetic of the 1920s, we note particularly
in the second movement Chants the very present and heralding
ornithological evocation of Messiaen’s future Merle Noir.

Après avoir obtenu un 1er Prix au CRR d’Angers (Classe de Marc
Honorat), une Médaille d’Or au CRR de Boulogne Billancourt
(Classe de Céline Nessi) et le D.E, Lucile Renon part
enseigner la flûte traversière pendant dix ans au CRD de
Cayenne, tout en se produisant régulièrement en Guyane, en
métropole et en Italie (avec Alain Meunier à l’Accademia
Chigiana de
Sienne).
De retour en métropole en 2004, elle conçoit trois
spectacles (2013/2015/2017) mêlant musique théâtre et
projections au Théâtre Le Ranelagh à Paris 16ème, tout en
poursuivant sa mission pédagogique au CRC de Sarcelles.
En 2013, le CD "Syrinx a 100 ans" programme Flûtes et Voix, en
collaboration avec Patrice Bocquillon, Anne-Laure Riche et
Anne-Catherine Picca chant) parait chez Polymnie. En mars 2024,
elle
met en ligne un site dédié à Louis Fleury.
Titulaire du CA depuis 2003, elle est depuis février 2025
professeur au CRR Toulon-Provence-Méditerranée.
Eriko Ogura commence le piano à 4 ans et entre à quinze
ans à la prestigieuse Toho Gakuen School of Music de Tokyo.
Diplômée, elle poursuit son perfectionnement en France à la
Schola Cantorum et au CRR de Paris où dans ces années elle se
distingue dans plusieurs concours de jeunes musiciens.
De retour au Japon, elle enregistre un album solo (Franz Liszt,
Années de Pèlerinage) avec le studio DPIC. Installée en France
depuis 2012 elle poursuit sa carrière entre Tokyo et Paris.

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